Mon top 3 des romans dont le narrateur est un enfant

18 fév
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Mon top 3 des romans dont le narrateur est un enfant

Je lis depuis que je sais lire, c’est à dire à peu près l’âge de 6 ans. J’ai toujours été fascinée par les livres dont les narrateurs sont des enfants voire des adolescents. Je trouve cela difficile pour un écrivain de se mettre dans la peau d’un enfant, de penser totalement comme un enfant. Certains s’essaient à l’exercice mais gardent leurs schémas de pensées d’adultes, ce qui décrédibilise la narration. J’ai récemment lu deux livres qui m’ont complètement scotchée car j’avais l’impression d’être dans l’esprit d’un enfant, d’un vrai… Cela m’a parfois  rappelé la manière dont je voyais le monde à cet âge.  Le point commun de ces trois romans ce sont les narrateurs : des petites filles sensibles qui vous racontent la vie telle qu’elles la voient à leur âge (et pourtant les auteurs sont des adultes).

(J’espère que ce nouveau format d’article vous plaîra !)

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, de Harper Lee,  éd. Le livre de Poche

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On suit ici les aventure de la petite Scout, qui vit en Alabama dans les années 30. Elle vit avec son papa, avocat, et son grand frère. Elle passe ses journées à jouer dehors avec un voisin qui deviendra son amoureux, et va à l’école du village, fréquentée par les enfants de milieux sociaux variés… Elle entretient une fascination et une peur monstre pour un voisin qui vit reclus chez lui.

Le sujet « politique » du livre, qui en fait un roman historique, est la manière dont le père de Scout doit gérer le fait d’être commis d’office pour défendre les droits d’un noir accusé d’avoir violé une blanche. A travers les yeux de Scout, on découvre un instantané de la question des droits civiques au quotidien à cette époque. Le tout est raconté avec une drôlerie, une poésie, et une innocence telle qu’on a juste envie de prendre cette petite Scout dans les bras et de grimper aux arbres avec elle tout un après-midi.

Les armoires vides, d’Annie Ernaux, éd. Folio

Les armoires vides de Annnie Ernaux

C’est LE roman « social » qui m’a fait découvrir la vie, lorsque j’avais 9-10 ans. A l’époque, ce livre m’avait choquée et il y avais des choses que je ne comprenais pas vraiment… Je l’ai relu récemment et il m’a semblé limite mignon  (il faut voir ce que je me suis envoyé comme romans glauques depuis :) ) et surtout moins choquant.

Ici, la narratrice raconte son enfance puis son adolescence – encore un roman d’initiation – avec ses parents qui tiennent un bar tabac épicerie dans une petite ville. Elle découvre que ce qui lui parait fabuleux au début de sa vie (ses parents qui tiennent un bar tabac) n’est pas chic et même plutôt dégoûtant (ils ne savent pas parler correctement, tout est en fait sale et vulgaire, ça la déprime). C’est alors le rejet de son milieu social qui sous-tend tout le roman, qui parle aussi d’amitié, de honte, de découverte de la sexualité, de rage de s’en sortir et d’éducation… Le tout écrit avec des yeux de petite fille qui n’hésite pas à être elle-même, parfois naïve, parfois perverse, comme le sont tous les enfants après tout…

Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman, de Kerry Hudson, éd. 10/18

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Une narratrice encore plus jeune car lorsque le roman commence, elle vient de naître ! On suit donc le monde par ses yeux de bébé, et on découvre qu’elle ne démarre pas forcément avec les meilleures bases dans la vie (pas de papa, maman alcoolique très vite à la rue, famille déglinguée), mais avec un atout majeur : beaucoup d’amour de la part de sa maman (même si, je suis d’accord, ce n’est parfois pas suffisant). On la regarde alors grandir et découvrir le monde, de maisons de placement en foyer, de foyer en HLM, de beau-père violent en beau-père accro aux jeux, mais toujours, cette maman, qui bien que dépressive la plupart du temps, essaie de faire quelque chose de bien pour sa fille. Ce roman commence en Ecosse au début des années 80, et il est touchant touchant touchant. Je le conseille à tout le monde. (Et en plus il est drôle).

Pour finir, je pense que ces 3 romans ont finalement quelque chose d’autre en commun : le besoin des narratrices de s’en sortir coûte que coûte dans la vie, et la découverte du monde pour finalement passer dans le monde des adultes… En général, on les quitte à l’orée de leur vie d’adulte…
Alors, si vous cherchez des romans touchants et sincères, si vous avez adoré les films du genre Camille Redouble ou Papa was not a rolling Stone par exemple, ces livres sont pour vous.

Et n’oubliez pas de manger plein de bonbons en les lisant !

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